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Les Sentinelles des Mers

Par Guy Detienne


La relève.

La relève est un moment important dans la vie des gardiens de phare en mer.
Louis Cozan, ancien gardien à Kéréon, nous explique les différentes phases que l'on peut voir sur cette vidéo.
Il explique aussi la relève dans le clip tiré d'une de ses causeries.


Relève à Kéréon.
Extrait du film de Thierry Marchadier « Il était un phare ».
Durée : 1 min 54.



La scène est filmée à Kéréon lors d'un ravitaillement par temps maniable mais avec un vent frais.
Je vous propose de le décomposer en séquences qui éclaireront définitivement les curieux sur ce fameux « système du cartahu » que certains se sont entêtés à décrire comme étant particulier, sans doute parce qu'ils ont toujours confondus cartahu et hale- à- bord.

Allez, go !

La vedette se présente côté jusant, elle s'approche du phare . Le gardien descendant lance la touline (voyez comme le cordage est fin) que les marins saisissent.
La vedette recule. Michel Le Berre (c'est le descendant, c'est pour ça que c'est lui qui a lancé la touline), a profité que la vedette soit proche du phare pour demander à son remplaçant de « monter un sac vide » (ils n'avaient pas assez de sacs au phare pour tout emballer).

Le plan suivant nous montre Michel laissant filer le hale à bord dans le creux de son bras.
On voit bien que ce filin est beaucoup plus gros que la touline et qu'il n'est pas possible de le lancer directement, d'où la nécessite d'utiliser une touline. Laquelle touline est reliée au hale-à-bord par une épissure.
Le cartahu pend toujours verticalement, les sacs de « vide » suspendus à son croc. Michel fait un signe de tête à Jean Philippe Rocher pour qu'il vire un peu ( afin de faire passer la charge par dessus la rambarde) puis Jean Phi dévire (Kéréon à cette époque, est équipé d'un treuil hydraulique, facilitant nettement les manœuvres) et la première palanquée descend vers le bateau qui se rapproche à nouveau pour la cueillir.

Le plan suivant (pont avant de la Blodwen) nous montre le matelot, le bosco et le mécano halant ferme pour ramener jusqu'à eux la charge suspendue au cartahu tandis que le patron emmène son étrave au plus près du phare pour soulager l'effort des marins.
Explications : Le cartahu est un câble d'acier, enroulé sur un treuil à la base du phare. Ce câble passe dans une poulie frappée sur une potence au sommet de la tour et il est grée à son autre extrémité d'un croc sur lequel on croche le ballon et les sacs.
C'est donc un cartahu ordinaire, comme on en peut en trouver sur n'importe quel navire, servant à monter et descendre des charges. Les lois de la gravité font qu'il pend verticalement, comme le câble d'une grue et la potence du phare est trop courte pour que la vedette puisse se positionner à l'aplomb de la charge, comme un camion se place exactement sous une grue.
Le hale-à-bord est frappé (noué) au cartahu, juste au dessus du croc.

Plans suivants : l'étrave au plus près du soubassement du phare, le patron qui manoeuvre.
La montée. Théo Malgorn « décolle » du pont alors que le bateau est encore loin. Explications : le treuil hydraulique est nettement plus puissant que quatre bras d'hommes, il n'a donc aucun mal à virer le gardien au dessus de l'eau malgré l'angle que fait le cartahu avec le phare.
Les marins « étalent » (retiennent ) le hale à bord presque sans régler la tension car c'est la vedette qui consent à l'effort du treuil en se rapprochant du phare.
Puis les marins choquent franchement le hale à bord, une demi seconde trop tard, Théo n'atteindra pas la rambarde à cause du vent.
Ce n'est pas grave, il re-haleront un coup bref pour donner un peu de ballant au cartahu et les pieds de Théo seront saisis par ses collègues, il est arrivé !
« La première fois que tu montes, attends toi à ce qu'on te serre plutôt le pied que la main » était une des innombrables maximes qui fleurissaient dans les tours d'Iroise.

L'avant dernier plan, tourné depuis la vedette, nous montre Michel descendant. Et on se rend compte que c'est bien plus compliqué. Lorsque l'on montait, dès qu'on avait croché le ballon on avait croché le phare ! Et le phare ne bouge pas ! Mais lorsque l'on descendait le pont avant du bateau paraissait bien petit (et il l'était vraiment), et surtout il était agité de mouvements en tous sens tandis que sur le ballon on était parfaitement stable.
Il nous fallait donc à un moment lâcher le phare ( stable et solide) pour se poser sur le pont de la vedette ( minuscule et fantasque). Il convenait à ce moment là de ne lâcher que le câble (ou l'orin du ballon), en gardant fermement l'autre main sur le hâle à bord qui lui était notre lien au bateau.
D'où l'importance d'avoir anticipé la position des mains – la gauche ou la droite sur le hale à bord ? - dès le décollage de la rambarde, car il n'était pas toujours possible de les inverser en cours de descente.

C'était donc à l'appontage que le matelot le plus en avant devenait votre allié le plus précieux, voire votre sauveur. De sa poigne, de la rapidité et la précision de ses gestes coordonnés aux vôtres dépendaient, au mieux votre élégance, au pire votre vie. Il fallait d'abord se dégager les jambes du ballon (un à deux mètres au dessus du pont), puis, dès que les pieds touchaient, lâcher la main du ballon pour, une seconde plus tard, dès que la pogne du marin vous avait croché, lâcher le hale à bord.

Car le bateau s'écartait alors rapidement et le hale à bord s'élevait brutalement ! Les marins nous « cueillaient » au sommet d'une vague, pas dans le creux de celle ci. Et la vitesse en arrière du navire s'ajoutant à son changement d'altitude dû à l'inversion brutale de l'inclinaison du pont, faisait de celui ci un support on ne peut plus instable.

Ceci pour dire que la coordination entre le choqué du treuil, l'embraque des matelots et les manœuvres du patron de vedette prenait tout son sens !

C'était un métier. Un métier qui liait marins et gardiens bien plus fortement que l'aurait fait une simple et amicale relation entre gens de mer.

Alors dégustez amplement ces images, on n'en fera plus !


Les relèves.
Relève à Cordouan.
Durée : 5 min 36.



La dernière relève de Kéréon.
Film diffusé dans l'émission Thalassa.
Durée : 12 min 34.



La relève d'un phare en mer par Louis Cozan.
Extrait d'un débat animé par Louis Cozan. Durée : 4 min 24.